Quand le travail déborde sur la santé
Le travail peut être une source d’équilibre, de sens, de lien social et de reconnaissance. Mais lorsqu’il devient trop intense, trop instable, trop conflictuel ou trop peu soutenant, il peut aussi fragiliser profondément la santé mentale, le corps, les relations et la vie personnelle.
J’accompagne les personnes confrontées à une souffrance au travail : salarié(e)s, cadres, managers, soignant(e)s, agent(e)s de la fonction publique, professions libérales et indépendant(e)s. Mon approche s’appuie à la fois sur mon expérience du monde salarié et du management, mon expérience de l’activité indépendante, ma formation en psychologie du travail, et plus de 10 ans d’accompagnement individuel.
L’objectif est de vous aider à mettre des mots sur ce que vous vivez, à comprendre ce qui relève de vous, de la relation, de l’organisation du travail ou du contexte, puis à retrouver des repères protecteurs. Préserver sa santé au travail, ce n’est pas “ne pas tenir” : c’est reconnaître que l’équilibre vie professionnelle / vie personnelle est une condition de santé, de lucidité et de choix.
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Vous pouvez consulter si vous vous reconnaissez dans une ou plusieurs de ces situations :
Je pense au travail le soir, la nuit, le week-end, et je ne récupère plus.
Je me sens vidé·e, irritable, anxieux·se ou en perte d’élan.
Je n’arrive plus à poser de limites : je dis oui, puis je m’épuise.
Je vis des tensions avec un manager, des collègues, des patients, des usagers ou des clients.
Je me sens isolé·e, dévalorisé·e, mis·e à l’écart ou en insécurité.
Je fais face à des injonctions contradictoires : faire vite, bien, avec peu de moyens.
Je ne me reconnais plus dans ma façon de travailler.
Je traverse un retour après arrêt, une reconversion, une perte de sens ou une réorganisation.
Je suis soignant·e ou professionnel·le de l’aide et je me sens émotionnellement saturé·e.
Je suis indépendant·e ou profession libérale et je porte seul·e la charge économique, mentale et organisationnelle de mon activité.
L’épuisement professionnel n’arrive pas toujours brutalement. Il s’installe souvent par petites concessions répétées : rester disponible, compenser, faire tenir, absorber, ne pas décevoir.
Le corps et le psychisme finissent parfois par dire stop avant que la personne n’ait pu s’autoriser à ralentir.
Chez les professionnel(le)s du soin, du médico-social, de l’accompagnement ou de la relation d’aide, la souffrance peut aussi prendre la forme d’une fatigue compassionelle : une usure liée à l’exposition répétée à la détresse, à la souffrance ou au trauma d’autrui. Elle peut se manifester par une fatigue émotionnelle, une baisse de disponibilité intérieure, une irritabilité, une forme d’anesthésie affective ou un sentiment de ne plus pouvoir “accueillir” comme avant.
L’accompagnement permet alors de remettre du discernement : qu’est-ce qui m’appartient ? Qu’est-ce qui relève de l’organisation ? Qu’est-ce qui est devenu trop coûteux ? Quelles limites poser ? Quelles ressources réactiver ? Et quelles décisions deviennent nécessaires pour préserver ma santé ?
Les risques psychosociaux ne sont pas seulement liés à la personnalité ou à la “fragilité” individuelle. Ils concernent aussi les conditions dans lesquelles le travail est réalisé. On distingue classiquement six grandes familles de facteurs :
Charge excessive, interruptions permanentes, urgence, horaires débordants, impossibilité de récupérer.
Devoir accueillir la détresse, la colère, l’agressivité, les incivilités, ou devoir cacher ses propres émotions.
Peu de marge de manœuvre, peu de participation aux décisions, impossibilité d’organiser son travail.
Conflits, isolement, manque de soutien, reconnaissance insuffisante, management peu clair ou maltraitant.
Avoir le sentiment de mal faire son travail, d’aller contre ses principes, ou de ne plus pouvoir produire un travail de qualité.
Peur de perdre son emploi, instabilité, réorganisations fréquentes, incertitude sur l’avenir ou sur sa place.
Pour les salarié(e)s, l’employeur a l’obligation de protéger la santé physique et mentale des travailleurs. Cela implique une démarche de prévention, d’évaluation des risques, d’information, de formation et d’adaptation de l’organisation du travail.
Le harcèlement moral, le harcèlement sexuel et les agissements sexistes sont interdits. L’employeur doit prendre les mesures nécessaires pour les prévenir, les faire cesser et protéger les personnes concernées.
Ces repères juridiques ne remplacent pas un avis juridique individualisé, mais ils rappellent un point essentiel : la souffrance au travail ne relève pas uniquement de la capacité individuelle à “tenir”. Elle peut aussi signaler un risque professionnel, une organisation défaillante, un conflit non traité ou une atteinte à la santé.
L’accompagnement psychologique permet de prendre du recul sans minimiser ce que vous traversez. Selon votre situation, nous pouvons travailler sur :
L’analyse de ce qui vous épuise ou vous met en alerte
La distinction entre responsabilité personnelle et facteurs organisationnels
La régulation du stress, de l’anxiété, des ruminations et du sommeil
Les limites, l’assertivité, la communication et la protection de soi
La préparation d’un échange avec un manager, RH, médecin du travail ou CSE
La reconstruction après burn-out, harcèlement ou perte de sens
Le retour au travail après arrêt
La clarification d’une décision : rester, demander un aménagement, alerter, partir, se reconvertir
L’objectif n’est pas de vous adapter à tout prix à un environnement qui vous abîme, mais de retrouver de la clarté, des marges de manœuvre et des choix protecteurs.
Selon votre situation et la taille de votre organisation, plusieurs interlocuteurs peuvent être mobilisés :
Votre médecin traitant, pour évaluer l’impact sur votre santé et envisager un arrêt ou une orientation si nécessaire
Le médecin du travail / service de prévention et de santé au travail (SPST), pour parler du lien entre votre santé et votre travail, demander un aménagement ou préparer un retour
Un(e) psychologue, pour déposer ce que vous vivez, prendre du recul et retrouver des repères protecteurs
Le service RH, si le dialogue est possible et que la situation nécessite un ajustement organisationnel
Un(e) représentant(e) du personnel / membre du CSE, pour être accompagné(e), conseillé(e) ou orienté(e)
Le/la référent(e) harcèlement sexuel et agissements sexistes, lorsqu’il existe dans l’organisation
L’inspection du travail, en cas de difficulté grave, de doute sur vos droits ou de situation non traitée
Le Défenseur des droits, en cas de discrimination, d’atteinte aux droits ou de traitement inégalitaire
Un syndicat ou conseil juridique, si vous avez besoin d’un avis sur vos droits ou les démarches possibles
Pour les professions libérales et indépendant(e)s, la souffrance au travail existe aussi : isolement, charge administrative, insécurité économique, difficulté à poser des limites. Vous pouvez vous appuyer sur votre médecin, un(e) psychologue, votre prévoyance, votre réseau professionnel, votre caisse d’Assurance Maladie ou un service de prévention si vous y êtes affilié(e).
Stéphanie Guiberteau Philippe
PSYCHOLOGUE - PSYCHOTHERAPEUTE
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